Connaissez vous le Next40 ? Selon Wikipédia, il s’agit d’une liste de « jeunes entreprises françaises [que le gouvernement] considère comme prometteuses et susceptibles de devenir des leaders technologiques ».

Pour être ajoutées à la fameuse liste ces start-up, qui doivent avoir réalisé un chiffre d’affaire d’au moins 100M€ en 2023, sont censées fournir un bilan carbone (scopes 1, 2 et 3) et un « Index d’Égalité Professionnelle ».

Aucune attente du gouvernement concernant la souveraineté numérique, en revanche…

…et heureusement, parce que la liste serait beaucoup, beaucoup plus courte. Une étude, réalisée sur la base du « score d’indépendance » proposé par Philippe Andreani de Numericatous, montre des scores inquiétants.

Sur les 66 sociétés considérées, quatre seulement (6,06 %) obtiennent un score de souveraineté acceptable ( 90).

Aledia (https://www.aledia.com) qui conçoit des microLEDs 3D GaN sur silicium, obtient le score parfait de 100. Hébergé chez OVH (France), le site de l’entreprise utilise une messagerie sécurisée par Hornet Security (ProofPoint). Même le certificat utilisé pour le TLS est européen (Global Sign, Belgique).

OVHcloud (https://www.ovhcloud.com) obtient le très bon score de 97, sanctionné (comme la ville d’Échirolles) pour l’utilisation d’un certificat Let’s Encrypt. Acteur majeur de l’autonomie stratégique en France et en Europe, on ne s’attendait évidemment pas à moins.

Les deux autres bons élèves sont ClubFunding (https://www.clubfunding.eu) et HR Path (https://hr-path.com), chacun obtenant un score de 92. Le site de ClubFunding est protégé par un CDN de chez DigDeo, et celui d’HR Path est hébergé par ProofPoint.

Quand les start-up françaises s’appuient sur leurs collègues dans d’autres domaines, elles dessinent quelque chose qui commence à ressembler à un cercle vertueux.

Chez les mauvais élèves, en revanche, le constat est inquiétant. Heetch (https://www.heetch.com), start-up de VTC qui entend marcher sur les platebandes d’Uber, réussit même l’exploit de faire pire que les big techs avec un score de souveraineté historiquement bas : 27.

Les entreprises qui obtiennent un score vraiment mauvais (< 75) représentent 88 % de la liste.

Une performance bien triste pour ces acteurs qui bénéficient, depuis des années, du soutien de l’État.

Devant ce constat alarmant, on comprend mieux les prises de position timides (c’est le moins qu’on puisse dire) de France Digitale, association de start-up qui s’oppose régulièrement aux efforts de développement d’une véritable autonomie numérique en Europe.

Un sursaut est-il possible ? Ces entreprises dans lesquels tant d’espoirs ont été placés sauront-elles prendre en compte, en plus des enjeux écologiques et sociaux, le nécessaire effort d’un développement vraiment bénéfique pour l’écosystème qui les a vu naître ?

Espérons-le, puisqu’on ne peut pas faire grand chose d’autre.

Tableau récapitulant les scores obtenus par les entreprises du Next40 (tests réalisés les 17 et 18 juin 2026). Source de la liste : Wikipédia :


Image d’illustration : Bermix Studio sur Unsplash

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